Rémi Thivel
Guide de haute montagne
Photographie
Merci à Thomas pour cette belle journée (le 10/08/2026) sur l'éperon nord du Petit Pic. C'est une voie que je n'avais plus faîte depuis une vingtaine d'année car la dernière fois, j'en avais gardé un souvenir moyen, à l'opposé de la belle aventure que j'y avais vécu seul en mars 1992. Il faut dire que cette précédente fois, nous avions pas mal picolé jusqu'à tard dans la nuit au refuge et il avait plu jusqu'à une heure ou deux d'attaquer la voie. Alors, avec Cyrille Dupouy et un client chacun, nous avions trouvé cette voie plutôt glauque et glissante.
Hier, c'était bien différent. Il faisait bon, tout était sec et nous avons trouvé l'escalade très belle et homogène. Les ouvreurs de la récente voie Les Andésistes nous avaient conseillé de sortir comme eux directement au sommet, plutôt que de suivre la vire qui mène vers La Fourche, ce qui est l'usage depuis plusieurs décennies (sûrement depuis que Patrice de Bellefon a écrit dans les 100 plus belles courses que la sortie originale était déconseillée à cause d'un récent éboulement). Nous ne sommes peut-être pas passé le plus droit possible comme nos copains andésistes car nous avons grimpé du V/V+ plutôt que du 6a+ comme indiqué sur leur topo, mais cette sortie vaut la peine car plus élégante au regard de l'ensemble de l'itinéraire.
Description de cette partie finale : sur la vire, se placer environ 5 m à gauche de l'axe de l'éboulement visible sous le sommet. Monter droit sur 10 m dans des fissures puis traverser à droite pour prendre une ligne de faiblesse (V-) puis traverser à gauche pour faire relais sur des anneaux de rappel (35 m). Partir en oblique à droite jusqu’à un piton d’époque d’où l’on traverse à l’horizontale à droite pour aller chercher un système fissuré en rocher moyen (V) en haut duquel on traverse légèrement à gauche pour faire relais (30 m, 1 piton d’époque). Grimper dans l’axe pour atteindre une fissure d’apparence moussue et rébarbative située 5 m à gauche de l’éboulement. La gravir (V, 1 piton d’époque) pour atteindre l’arête puis le sommet facilement (50 m)